Comment se nourrissent les Lions de l’Atlas pendant la CAN ?

Nutrition sportive : comment bien manger quand on est footballer

Camil Regragui

12/22/20253 min read

Nutrition et Football

Quand la nutrition devient un levier invisible de performance à la CAN

À quelques jours d’un match de Coupe d’Afrique des Nations, les projecteurs sont braqués sur les compositions d’équipe, les choix tactiques, la forme des cadres. Mais loin des tribunes et des conférences de presse, une autre préparation se joue, beaucoup plus discrète : celle de l’assiette.

Chez les Lions de l’Atlas, la nutrition n’est ni un détail, ni une mode. C’est un outil de travail quotidien, intégré à la préparation globale, au même titre que l’entraînement ou la récupération.

Dans les coulisses d’un rassemblement

Lorsqu’un joueur arrive en sélection, il ne débarque pas en terrain inconnu. La majorité des internationaux marocains évoluent dans des clubs européens où la nutrition est déjà très encadrée. En sélection, l’enjeu n’est donc pas de “réinventer” leur alimentation, mais de l’harmoniser, de l’adapter au contexte : climat, voyages, enchaînement des matchs, horaires.

Au Complexe Mohammed VI de football, tout est pensé pour limiter l’improvisation. Les repas sont structurés, les choix guidés. Rien d’exotique, rien de spectaculaire : des aliments simples, digestes, efficaces. La logique est claire : bien manger pour mieux jouer, et surtout pour mieux récupérer.

Le carburant du footballeur : manger en fonction de l’effort

Contrairement à une idée reçue, les joueurs ne mangent pas “beaucoup” en permanence. Ils mangent juste, et surtout au bon moment.

Les jours de forte charge ou de match, l’assiette s’enrichit naturellement en glucides : riz, pâtes, pommes de terre, pain, fruits. Pas pour le plaisir, mais parce que le football moderne épuise rapidement les réserves musculaires. Sans glycogène, pas de sprints, pas de pressing, pas de lucidité en fin de match.

À l’inverse, les jours plus calmes, les apports sont ajustés. La nutrition suit le rythme du terrain, pas l’inverse.

Protéines, récupération et longévité sportive

Après un match de CAN, le corps est marqué : micro-lésions musculaires, fatigue nerveuse, inflammation. C’est là que la nutrition devient stratégique.

Les protéines, réparties sur la journée, participent à la réparation musculaire et à la prévention des blessures. Là encore, pas de solution miracle : viande maigre, poisson, œufs, produits laitiers. Des aliments connus, maîtrisés, choisis pour leur efficacité et leur tolérance digestive.

L’objectif n’est pas seulement de gagner le match du jour, mais de rejouer trois jours plus tard avec le même niveau d’intensité.

La chaleur africaine : l’ennemi silencieux

En Coupe d’Afrique, la chaleur et l’humidité sont parfois plus redoutables que l’adversaire. Une déshydratation même modérée peut suffire à faire chuter la performance, augmenter le risque de blessure ou ralentir la récupération.

L’hydratation des Lions de l’Atlas n’est donc jamais laissée au hasard. Elle est anticipée, surveillée, adaptée à chaque joueur. Eau, électrolytes, timing des prises : tout est pensé pour maintenir l’équilibre hydrique malgré les contraintes climatiques.

Le jour du match : simplicité et précision

Le jour J, pas d’expérimentation. Les repas sont connus, répétés, testés à l’entraînement.

Quelques heures avant le coup d’envoi, les joueurs privilégient des repas digestes, riches en glucides, pauvres en graisses et en fibres. L’objectif est simple : fournir de l’énergie sans perturber le système digestif.

Après le match, la priorité change immédiatement : récupérer. Refaire les réserves, réparer les muscles, réhydrater l’organisme. Ce travail invisible conditionne la performance du match suivant.

Entre science et culture

La nutrition de la sélection marocaine s’inscrit aussi dans un contexte culturel spécifique. Lorsqu’une compétition coïncide avec le Ramadan, des adaptations sont mises en place : organisation des repas nocturnes, attention portée à l’hydratation et au sommeil, ajustement des charges d’entraînement.

Il ne s’agit pas de renoncer à la performance, mais de composer intelligemment avec la réalité des joueurs, en s’appuyant sur des recommandations scientifiques éprouvées.

Ce que l’on ne voit pas fait souvent la différence

Il n’existe pas de “régime des Lions de l’Atlas” au sens marketing du terme. Il existe une approche professionnelle, rationnelle, alignée sur les standards internationaux du football de haut niveau, portée par l’organisation de la Fédération Royale Marocaine de Football.

À la CAN, lorsque les jambes deviennent lourdes et que les matchs s’enchaînent, ce sont souvent ces détails — une bonne récupération, une hydratation maîtrisée, une assiette adaptée — qui font basculer une compétition.

La nutrition ne marque pas de buts.
Mais sans elle, les buts deviennent beaucoup plus difficiles à marquer.

Camil Regragui